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Traçabilité de la formation en entreprise : ce que dit la loi et comment la prouver


Oui, la formation en entreprise doit pouvoir être justifiée lorsqu’elle relève d’une action de formation financée ou contrôlée dans le cadre de la formation professionnelle. Pour la mise en place d’une AFEST, le Code du travail impose notamment l’analyse de l’activité, la désignation d’un formateur, des phases réflexives distinctes des mises en situation et des évaluations spécifiques des acquis. Ces étapes doivent donc laisser des preuves exploitables.


Ce qu’il faut retenir :


  • 4 exigences structurent légalement une AFEST : analyse de l’activité, formateur désigné, phases réflexives et évaluations spécifiques des acquis.

  • 1 principe général s’applique à toute action de formation : sa réalisation doit être justifiée par « tout élément probant ».

  • Depuis le 1er janvier 2024, les actions financées notamment par les OPCO peuvent faire l’objet d’un contrôle administratif et financier.

  • Une preuve utile doit permettre de relier une activité, un apprenant, un accompagnement et une évaluation à une action de formation identifiable.

  • Dans la démarche Daylindo, le suivi s’appuie sur une plateforme partagée entre l’apprenant et les référents, permettant de recueillir en temps réel les mises en situation, observations et phases réflexives réalisées sur le terrain.


Que dit exactement la loi sur la traçabilité d’une formation ?


Oui, la réglementation exige de pouvoir justifier la réalisation d’une action de formation. Le Code du travail, l'article R6313-3 prévoit que la réalisation de l'action composant le parcours doit être justifiée par le dispensateur « par tout élément probant ». Lorsque l'action est financée par certains financeurs publics ou par un OPCO, l'employeur doit également pouvoir présenter les documents justifiant les objectifs, la réalisation et les moyens mis en œuvre.


La conséquence opérationnelle est importante : une formation ne se résume pas à une inscription, une convocation ou une attestation finale. Il faut pouvoir reconstituer ce qui a réellement été réalisé.


Dans une formation en situation de travail, cette exigence est particulièrement sensible. Une partie de l’apprentissage se déroule au poste, au contact du travail réel. Les preuves doivent donc suivre cette réalité opérationnelle.


Quelles sont les 4 exigences à prouver en AFEST ?


Une AFEST repose sur quatre éléments réglementaires : l’analyse de l’activité de travail, la désignation préalable d’un formateur, les phases réflexives et les évaluations spécifiques des acquis. Ces quatre éléments sont prévus par l’article D6313-3-2 du Code du travail.


1. L’analyse de l’activité de travail

L’activité doit être analysée afin de pouvoir, si nécessaire, être adaptée à des fins pédagogiques. La formation part donc du travail réel. Il ne s’agit pas simplement de transposer un contenu théorique au poste.


2. La désignation d’un  accompagnateur AFEST 

Un accompagnateur AFEST  pouvant exercer une fonction tutorale doit être désigné préalablement.

Dans le vocabulaire Daylindo, on privilégie le terme d’accompagnateur AFEST. Son rôle est central : il accompagne, observe et contribue à la validation des compétences démontrées.


3. Les phases réflexives

Les phases réflexives doivent être distinctes des mises en situation de travail.

Elles permettent de revenir sur ce qui a été réalisé, d’analyser les écarts entre les attendus et la réalisation, puis de consolider les apprentissages. Chez Daylindo, cette logique peut notamment être structurée au moyen d’activités réflexivesde questionnement guidé. .


4. Les évaluations spécifiques des acquis

L’AFEST doit comporter des évaluations spécifiques des acquis, qui jalonnent ou concluent l’action. La traçabilité doit donc permettre de retrouver non seulement ce qui a été réalisé, mais aussi les compétences évaluées et les résultats de ces évaluations.


Quelles preuves conserver pendant une formation en situation de travail ?


La bonne preuve est celle qui permet de reconstituer la réalité de la formation : ce qui était attendu, ce qui a été réalisé, ce qui a été observé et ce qui a été évalué. Le Code du travail ne fournit pas une liste fermée de documents AFEST à produire ; il exige une justification par des éléments probants.

Une organisation peut donc structurer sa traçabilité autour de plusieurs familles de preuves :


Élément à tracer

Ce que la preuve doit permettre d'établir

Activité de travail

La situation professionnelle travaillée

Mise en situation

La réalisation concrète au poste

Formateur terrain

La personne qui accompagne ou observe

Phase réflexive

Le retour réflexif sur l'action et les apprentissages

Compétence

Ce qui devait être acquis ou démontré

Évaluation

Le niveau constaté à un moment donné

Date et durée

Le moment auquel l'action ou l'évaluation a eu lieu

Progression

L'évolution de l'apprenant au fil des mises en situation

L'objectif n'est pas d'accumuler des documents. Il est de construire une chaîne de preuves cohérente, exploitable plusieurs semaines ou plusieurs mois après la formation.


Pourquoi la traçabilité devient-elle difficile sur le terrain ?


Parce que les preuves sont souvent produites par plusieurs personnes, dans plusieurs lieux et à plusieurs moments. Une partie peut rester dans un livret papier, une autre dans un fichier Excel, une autre dans les échanges avec l’accompagnateur AFEST / le formateur terrain. À l'échelle de plusieurs apprenants ou de plusieurs sites, la consolidation devient rapidement chronophage.


C'est un problème d'organisation avant d'être un problème documentaire. L’accompagnateur AFEST / le formateur terrain doit pouvoir accompagner sans transformer chaque mise en situation en tâche administrative. Le référent pédagogique doit pouvoir suivre l'avancement et évaluer les apprenants. Le référent opérationnel peut également suivre les apprenants et évaluer leurs compétences.


L’enjeu consiste donc à faire remonter les traces au fil de l'activité, plutôt qu'à reconstruire le dossier a posteriori.


Comment structurer une traçabilité exploitable ?


Il faut structurer la preuve au moment où l'activité se déroule, en reliant chaque mise en situation aux compétences travaillées, aux observations de l’ accompagnateur AFEST / formateur terrain, aux phases réflexives et aux évaluations. Cette organisation évite de transformer la fin du parcours en opération de reconstitution documentaire.


Une logique opérationnelle peut suivre cinq étapes :


  1. Structurer les compétences attendues à partir du travail réel.

  2. Construire les activités pédagogiques correspondant aux situations de travail.

  3. Diffuser les activités à l'apprenant selon une planification définie.

  4. Recueillir les traces pendant les mises en situation et les phases réflexives.

  5. Évaluer les compétences et conserver les éléments permettant de justifier la progression.


Dans Daylindo, le journal d'activité constitue notamment un espace partagé entre l'apprenant et les référents. Il permet de recueillir au quotidien les expériences, observations et mises en situation, mais aussi les commentaires, feedbacks et résultats d'évaluation.


La logique est donc celle d'une trace produite dans le flux de l'activité, plutôt que d'une collecte documentaire réalisée après coup.


Que change un outillage digital pour les équipes formation ?


Un outil digital ne remplace pas l'ingénierie AFEST : il permet de structurer et de tracer son déploiement dans le travail réel. La valeur est particulièrement forte lorsque plusieurs apprenants, formateurs terrain ou sites doivent suivre un même référentiel de compétences et produire des preuves homogènes.


La plateforme permet de préparer les référentiels, activités, parcours, itinéraires et grilles. Les référents peuvent ensuite diffuser les contenus, suivre l'avancement et évaluer les apprenants. L'application permet quant à elle aux apprenants et aux référents concernés d'accéder aux fonctionnalités liées à leur rôle depuis un smartphone.


Pour une équipe formation, l'enjeu est surtout de rapprocher trois niveaux qui sont souvent séparés :


le travail réel → la compétence attendue → la preuve de la compétence démontrée.


C'est cette continuité qui rend la donnée compétence exploitable.


La preuve maison Daylindo


La démarche Daylindo distingue la donnée déclarée ou inférée de la donnée compétence prouvée et validée par un observateur légitime. Le principe est de produire une trace issue du terrain, associée à une évaluation et à une personne habilitée à observer la compétence.


Cette approche constitue le socle de l'Operational Skills Management défendu par Daylindo : structurer les compétences depuis le travail réel, outiller les formateurs terrain, déployer les parcours au poste et tracer les compétences validées.


Le cas de l’AFPA illustre directement cet enjeu.


Depuis 2022, l’AFPA a formé ou accompagné plusieurs centaines de POEI intégrant l’AFEST. À cette échelle, prouver ce qui a réellement été acquis en situation de travail devient un enjeu opérationnel majeur. L’article Daylindo consacré à l’AFPA

L’AFPA s’est appuyée sur Daylindo pour tracer les parcours AFEST, les compétences acquises en situation réelle et générer les attestations nécessaires. La plateforme permet également aux équipes pédagogiques de mutualiser les parcours entre les différentes unités. L’enjeu est donc de ne plus seulement prouver qu’une formation a eu lieu, mais de pouvoir relier le parcours réalisé, les situations de travail et les compétences démontrées.


C’est précisément la valeur de Daylindo : transformer les traces produites sur le terrain en une donnée compétence structurée et exploitable.


La grille de décision

La grille de décision pour décider la bonne approche pour une situation AFEST

Questions fréquentes


Une AFEST doit-elle obligatoirement être tracée ?


Oui, sa réalisation doit pouvoir être justifiée lorsqu'elle relève d'une action de formation entrant dans le cadre de la formation professionnelle. Le Code du travail impose une justification par tout élément probant. Pour l'AFEST, les quatre composantes prévues par l'article D6313-3-2 doivent pouvoir être établies : analyse de l'activité, formateur, phases réflexives et évaluations spécifiques.


Existe-t-il une liste officielle des documents AFEST à conserver ?


Non, le Code du travail ne fixe pas une liste fermée de documents AFEST. L'article R6313-3 retient la notion d'« élément probant ». L'organisation doit donc être capable de démontrer de manière cohérente la réalité et le déroulement de l'action, en fonction de son dispositif et de ses modalités de financement.


Une feuille d'émargement suffit-elle pour prouver une AFEST ?


Non, elle ne suffit pas à elle seule à documenter les quatre composantes spécifiques de l'AFEST. Une preuve de présence peut contribuer au dossier, mais elle ne démontre pas à elle seule l'analyse de l'activité, les phases réflexives ou les évaluations spécifiques des acquis. La traçabilité doit couvrir l’intention pédagogique et le déroulement pédagogique réel.


Pourquoi les phases réflexives doivent-elles être tracées ?


Parce qu'elles constituent une composante réglementaire spécifique de l'AFEST. Elles doivent être distinctes des mises en situation et permettent d'analyser les écarts entre les attendus, les réalisations et les acquis. Une trace de ces phases permet donc de documenter la dimension réflexive du dispositif.


Comment sécuriser la traçabilité quand plusieurs accompagnateurs AFEST / formateurs terrain interviennent ?


Il faut standardiser ce qui doit être observé, recueilli et évalué tout en laissant la mise en œuvre se dérouler dans le travail réel. Un référentiel de compétences partagé, des activités structurées, des grilles d'évaluation et un journal d'activité commun permettent de limiter les écarts de pratique et de consolider les preuves produites.

 

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