Évaluation et formation : un tandem essentiel pour l'apprentissage
- Gerardo Marcotti

- 17 juil.
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 10 heures

En résumé
L'évaluation n'est pas une simple formalité de fin de parcours : elle joue un rôle actif dans la construction de l'identité professionnelle de l'apprenant.
Selon les travaux de Loïc Clavier sur l'alternance, formation et évaluation progressent en parallèle à travers 3 phases : conformation et contrôle, participation et évaluation formative, accomplissement et production de sens.
L'AFEST incarne concrètement cette complémentarité, à travers le positionnement initial, la mise en situation observée, la phase réflexive, puis l'évaluation des compétences observées.
Bien pensée, l'évaluation devient un outil de dialogue et de co-construction plutôt qu'une sanction, un levier d'amélioration continue plutôt qu'un simple indicateur de performance.
Un duo indissociable pour la montée en compétences
Lorsqu'on parle de formation, l'évaluation est souvent perçue comme une simple formalité, un moyen de valider les acquis en fin de parcours. Pourtant, cette vision est réductrice. Loin d'être un simple outil de contrôle, l'évaluation joue un rôle fondamental dans la construction de l'identité professionnelle des apprenants.
La formation, un socle de compétences, l'évaluation, un moteur de l'identité professionnelle
On a longtemps considéré que la formation structurait l'acquisition des savoirs et que l'évaluation intervenait ensuite, pour mesurer les connaissances. Mais en réalité, ces deux processus sont intimement liés. L'évaluation ne se résume pas à vérifier un apprentissage : elle aide l'apprenant à se positionner et à affirmer son identité professionnelle.
Prenons l'exemple d'un nouvel arrivant dans un métier. Au début, il suit les modèles imposés, applique les consignes sans vraiment les questionner. Puis, au fil des évaluations et des retours qu'il reçoit, il ajuste ses pratiques, prend du recul et développe sa propre approche. L'apprentissage ne se fait donc pas uniquement grâce au parcours, mais aussi grâce à la manière dont l'évaluation aide l'apprenant à progresser et à se projeter dans son futur métier.
Un cheminement parallèle : se former et se situer
Dans son article "La relation entre évaluation et formation dans les formations par alternance", l'universitaire Loïc Clavier met en évidence une progression parallèle entre formation et évaluation. Ces deux parcours évoluent ensemble, en 3 grandes étapes :
Phase de conformation et contrôle : l'apprenant suit les règles et applique des méthodes préétablies. L'évaluation sert ici à vérifier que les bases sont acquises.
Phase de participation et d'évaluation formative : il commence à comprendre les retours et à les intégrer pour améliorer ses pratiques. L'évaluation devient alors un outil de progression.
Phase d'accomplissement et de production de sens : l'apprenant s'émancipe, prend du recul et transforme l'évaluation en un levier de réflexion stratégique sur son parcours professionnel.
Un bon formateur ne se contente donc pas de transmettre du savoir : il accompagne aussi les apprenants dans la compréhension de leur propre évolution à travers des évaluations qui font sens.
L'AFEST : une incarnation concrète de la complémentarité évaluation-formation
L'Action de Formation En Situation de Travail (AFEST) offre une illustration parfaite de cette relation dynamique entre formation et évaluation. Cette modalité pédagogique innovante, reconnue par la loi depuis 2018, repose précisément sur l'intégration fluide des processus d'apprentissage et d'évaluation au cœur même des situations professionnelles.
Le dispositif AFEST s'articule autour de plusieurs séquences qui matérialisent cette complémentarité.
Le positionnement initial. Avant même de commencer le parcours, une évaluation diagnostique permet d'identifier précisément les besoins d'apprentissage de l'apprenant. Loin d'être une simple formalité administrative, cette première étape d'évaluation structure tout le parcours de formation à venir et place d'emblée l'apprenant dans une posture réflexive sur ses propres compétences.
La mise en situation et l'observation. Durant cette phase, l'apprenant réalise une tâche professionnelle réelle sous l'œil attentif de son accompagnateur. Cette observation n'est pas passive : elle constitue déjà une forme d'évaluation continue qui alimente la progression.
La phase réflexive. Ce moment clé de l'AFEST matérialise parfaitement la fusion entre processus formatif et évaluatif. En prenant du recul sur sa pratique, guidé par les questionnements de l'accompagnateur, l'apprenant évalue lui-même sa performance tout en identifiant de nouvelles pistes d'apprentissage. On retrouve ici la transition entre la "phase de participation" et la "phase d'accomplissement" décrites par Clavier.
L'évaluation des compétences observées. Réalisée par l'accompagnateur, cette évaluation n'intervient pas comme une sanction finale mais comme un levier de progression. Elle permet de mesurer le chemin parcouru et d'ajuster les situations d'apprentissage suivantes.
L'une des forces de l'AFEST réside dans cette itération entre action, réflexion et évaluation. Chaque cycle permet à l'apprenant de gravir progressivement les 3 phases identifiées par Clavier : d'abord simple agent appliquant des consignes, il devient acteur conscient de ses pratiques, puis auteur capable d'adapter et d'innover dans son contexte professionnel.
À travers ces allers-retours constants entre mise en pratique et analyse réflexive, l'AFEST permet à l'évaluation de jouer pleinement son rôle de construction identitaire. L'apprenant ne se contente pas d'acquérir des compétences critiques : il forge sa posture professionnelle et affirme progressivement sa place dans son environnement de travail.
L'évaluation comme outil de dialogue et de co-construction
L'un des principaux enseignements de cette approche est que l'évaluation ne doit pas être perçue comme une sanction, mais comme un levier d'amélioration continue. Lorsqu'elle est bien pensée, elle favorise un échange entre formateurs et apprenants et devient un véritable outil de progression.
Dans un contexte professionnel, cela se traduit par des pratiques comme des feedbacks réguliers, des auto-évaluations guidées ou encore des moments d'échange entre pairs. L'objectif est de dépasser la simple logique de validation pour instaurer une dynamique d'accompagnement et d'évolution, une logique proche de celle d'une organisation fondée sur les compétences.
Ce que Daylindo apporte à ce tandem évaluation-formation
Daylindo offre une solution complète pour déployer le suivi et le développement des compétences en entreprise au plus près du terrain : une plateforme dédiée pour outiller la démarche et les processus, piloter les résultats et produire les livrables, ainsi qu'une capacité d'accompagnement pour mettre en place l'organisation adéquate, concevoir des parcours et des référentiels, et structurer la démarche jusqu'au déploiement des projets.
Les preuves issues d'organisations ayant structuré leur AFEST sur ces bases confirment le constat de cet article : c'est la qualité de l'articulation entre formation et évaluation, plus que l'un ou l'autre pris isolément, qui fait la différence sur la montée en compétences réelle.
Conclusion : repenser l'évaluation pour en faire un moteur d'apprentissage
Plutôt que de considérer l'évaluation dans le parcours de formation comme un simple indicateur de performance, elle devrait être intégrée pleinement au processus de formation, comme un outil structurant et évolutif. Une évaluation bien construite ne se contente pas de mesurer les compétences : elle aide à les façonner et à accompagner les apprenants vers une réelle maîtrise de leur poste et par là-même une réelle affirmation professionnelle.
L'AFEST, avec son approche intégrée où situations d'apprentissage et moments d'évaluation se nourrissent mutuellement, représente sans doute l'une des manifestations les plus abouties de cette complémentarité. Elle nous montre que lorsque l'évaluation est pensée comme partie intégrante du processus formatif, elle devient un puissant vecteur de transformation professionnelle et personnelle.
FAQ
Pourquoi l'évaluation ne doit-elle pas être vue comme une simple formalité de fin de formation ?
Parce qu'elle joue un rôle actif dans la construction de l'identité professionnelle de l'apprenant, en l'aidant à se positionner, ajuster ses pratiques et prendre du recul, pas seulement à valider des acquis.
Quelles sont les 3 phases de la progression parallèle entre formation et évaluation selon Loïc Clavier ?
La phase de conformation et contrôle, la phase de participation et d'évaluation formative, et la phase d'accomplissement et de production de sens, où l'apprenant transforme l'évaluation en levier de réflexion stratégique.
Comment l'AFEST matérialise-t-elle la complémentarité entre évaluation et formation ?
À travers 4 séquences : le positionnement initial (évaluation diagnostique), la mise en situation observée, la phase réflexive, et l'évaluation des compétences observées par l'accompagnateur.
La phase réflexive de l'AFEST est-elle une simple étape administrative ?
Non, c'est le moment clé qui fusionne processus formatif et évaluatif : l'apprenant évalue lui-même sa performance tout en identifiant de nouvelles pistes d'apprentissage, guidé par l'accompagnateur.
Comment transformer l'évaluation en outil de dialogue plutôt qu'en sanction ?
Avec des pratiques comme des feedbacks réguliers, des auto-évaluations guidées et des moments d'échange entre pairs, pour dépasser la simple logique de validation.
Une évaluation bien construite se limite-t-elle à mesurer les compétences acquises ?
Non. Bien pensée, elle contribue aussi à façonner ces compétences et à accompagner l'apprenant vers une réelle maîtrise de son poste, au-delà du simple constat de performance.



